Comment rééquilibrer la répartition des tâches en famille?

family-with-dog-on-the-trip-PDL9FGH.jpg

L’organisation familiale est souvent source de conflits et/ou de tensions.


Interrogés séparément, les parents estiment chacun effectuer 85% des tâches requises pour le bon fonctionnement de la maisonnée. Même sans voir fait Maths Sup, on constate que ça fait quand même 170% de tâches.

Comment, dès lors, espérer un partage équitable en partant d’une perception erronée?
Nous allons tenter d’explorer quelques pistes.

Qu’est-ce qu’une tâche?

Une erreur de perception peut déjà intervenir sur l’idée de la tâche elle-même.

Par exemple, votre petit dernier revient de l’école avec un mot dans le carnet de liaison : « jeudi - sortie scolaire en forêt avec pique-nique zéro déchets ».

Signer le cahier d’un « vu !» se suffit pas.
Cette phrase sibylline implique de nombreuses tâches derrière comme le montre la liste ci-dessous (pour ceux que ça intéresse, ce système de note est gratuit et se nomme Schema).

picnic.png

Si ce n’est pas la même personne qui signe le cahier de liaison et qui prépare la sortie, il y aura une énorme différence entre les deux.

Mais chacun estimera avoir fait sa part : « j’ai signé le cahier » ou « j’ai préparé la sortie ». Mais il y a clairement un déséquilibre des tâches.

Comment cela se passe-t-il au travail?

Est-ce que chacun travaille dans son coin sans avoir une image claire de la charge de travail du reste de l’équipe ? Hormis les cas où le management est mauvais, ça ne se passe pas ainsi mais pourquoi?

Parce qu’à un moment, on s’assoit autour d’une table et on parle de ce qui a à faire et de qui va le faire. Mais faisons-nous la même chose à la maison ? Probablement pas.

Temps de discussion

Et si nous prenions un temps, chaque semaine, pour évaluer ce qu’il y a à faire la semaine suivante ?

Activités, courses, repas, tâches administratives, besoins par enfant.

Annoncer, au calme, toutes les tâches à venir c’est aider à la répartition et évaluer correctement toutes les actions qui en découlent. Dans le cas de notre pique-nique zéro déchets, les parties vérification des vêtements, courses, préparation peuvent ne pas être faites par la même personne. Toutefois, si ces parties ne sont pas énoncées et qu’elles sont regroupées sous le label « pique-nique », le partage des tâches n’est pas possible.

Calendrier partagé

Chaque membre de la famille a ses impératifs, ses horaires, ses activités. Compter sur une personne qui s’avère ne pas être disponible est la porte ouverte à de gros bugs dans l’organisation familiale.

Quel calendrier utiliser?

Idéalement, un calendrier que chaque membre de la famille peut consulter et auquel il peut contribuer.

Les « calendriers sur le frigo » sont une bonne option bien que non consultables à distance si une modification a été faite. Et s’il y a beaucoup de ces modifications, ça peut finir en torchon avant la fin du mois.

Une autre solution, c’est le calendrier partagé en ligne. Il est réactif et consultable à distance… par ceux qui sont équipés. Les petits enfants, notamment, n’ont pas (normalement) accès au smartphone leur permettant de visualiser ledit calendrier.

L’assistant personnel cumule les trois avantages : position centrale dans un lieu de passage (comme la cuisine), connection avec les calendriers de chacun, consultation à distance via smartphone ou localement en l’interrogeant. Chacun peut contribuer, qu’il soit équipé d’un smartphone ou non, qu’il sache écrire ou pas.

Impliquer chaque membre de la famille

Il est parfois tentant de s’accaparer toutes les tâches pour « être sûr qu’elles soient bien faites ». Ca relève d’un manque de confiance dans les capacités des autres membres de la famille et engendre un stress énorme.
Lors d’un récent sondage que nous avons effectué, le niveau de stress était intimement lié au niveau de gestion du quotidien. Plus la personne gérait de tâches, plus son stress était élevé. Au contraire, les sondés qui déclaraient que chacun se débrouillait annonçaient un faible niveau de stress.

Quelque part entre ces deux extrêmes se trouve le juste milieu : s’impliquer mais aussi déléguer.


Que peuvent faire les enfants?

Voir un parent se stresser à tout faire ne donne pas vraiment envie de mettre la main à la pâte. Après tout, ça n’a pas l’air fun du tout donc autant éviter.

Les années passant, des enfants qui n’ont jamais participé aux tâches familiales ne vont pas devenir mystérieusement et instantanément des ados impliqués. Ca se saurait ;)

Donc quelques tâches peuvent-ils faire?

Ca dépendra principalement de l’âge et de ses capacités motrices.

3 à 5 ans

  • Ranger des jouets dans un bac, des livres dans une étagère

  • Mettre des vêtements dans le bac de linge sale

  • Participer à mettre la table (les serviettes pour les plus jeunes, les choses cassantes après)

6 à 8 ans

  • Ranger son manteau (si le crochet/porte-manteau n’est pas trop haut)

  • Ranger les chaussures

  • Nourrir les animaux

  • Débarrasser la table

  • Faire son lit

  • Raccrocher sa serviette après la douche

  • Aider à ranger une partie des courses (ce qui est ni lourd, ni toxique, ni trop encombrant)

9 à 12 ans

  • Plier les vêtements les ranger

  • Aider à la préparation des repas

  • Sortir la poubelle

  • Vider le lave-vaisselle

  • Faire de petites courses (comme le pain si la boulangerie n’est pas trop éloignée)


Les enfants ont généralement la confiance qu’on leur accorde. Leur interdire de toucher un verre de peur qu’il soit cassé lui donnera l’impression de n’être pas digne de confiance. Autant accepter un certain taux « de perte » et laisser l’enfant faire son apprentissage. Après tout, même adulte, il nous arrive aussi de casser des verres. Un enfant en confiance sera bien plus participatif.

Dernière étape : prioriser

Oui, nous aimerions que tout soit fait en heure et en temps.

Non, ce n’est pas toujours possible.

Quelle conduite avoir dans cette situation ? Se tresser encore plus pour tenter d’accomplir l’impossible ? En vouloir à l’entourage ?

Lorsqu’on s’assoit pour préparer la semaine à venir, mieux vaut faire ressortir les objectifs prioritaires. Ceux qui doivent absolument être atteints. Vous éviterez ainsi de vous perdre à tenter de tout faire et ne passerez pas à côté de l’essentiel.

En cas de retard, sachant qu’il s’agit d’un objectif prioritaire, l’autre parent peut intervenir pour aider à l’atteindre.

Au final, moins de tension, plus d’efficacité et plus de participation de tous.


Car, après tout, c’est aussi cela la famille, un groupe pas forcément homogène mais qui regarde dans la même direction et où tout le monde contribue.


Gregoire Tyrou